Soirée de lancement du livre “Portraits of Unbelonging” en compagnie de Zeynep Devrim Gürsel à la BU des Grands Moulins, 2 juin
Le laboratoire ECHELLES et l’UFR Études anglophones de Paris Cité ont le plaisir d’organiser la soirée de lancement du livre Portraits of Unbelonging. Photographic Journeys Across Borders (Stanford University Press, 2026) en compagnie de son autrice, Zeynep Devrim Gürsel, anthropologue (Rutgers University) invitée par l’université.
Dans ce livre passionnant, Zeynep Devrim Gürsel retrace l’émigration des plusieurs milliers d’Arméniens ottomans, qui, entre 1896 et 1908, ont choisi de renoncer à leur nationalité ottomane et s’expatrier afin de pouvoir rejoindre les Etats-Unis (procédure du « terk-i tabiiyet »). L’anthropologue retrace cette émigration à partir des photographies retrouvées dans les archives ottomanes (et commandées par l’Etat ottoman) et de photographies familiales, afin de mettre en évidence comment cette documentation exceptionnelle symbolise tout à la fois les liens et les ruptures dans ces parcours individuels et familiaux.
Rendez-vous de 17h30 à 19h dans la galerie située au 2ᵉ étage de la bibliothèque universitaire Grands Moulins (Campus des Grands Moulins, 5, rue Thomas Mann, 75013 PARIS).
L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Juliette Ronsin [référent·e] contrat postdoctoral, EHESS / Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
Elif Becan maîtresse de conférences, Université de Strasbourg
Ce séminaire entend explorer les dynamiques de mobilités et de circulations de l’Europe du Sud-Est et de la Méditerranéée à l’époque contemporaine (XIXe-XXIe siècle), selon une perspective historique et socio-historique, tout en restant ouvert aux apports des sciences sociales (anthropologie, sociologie, sciences politiques, géographie). Les mobilités, durables ou temporaires, y sont envisagées dans toute leur complexité : migrations de travail, exils liés aux conflits, déplacements intra-régionaux ou transnationaux. Les politiques d’émigration et d’immigration, les dispositifs d’encadrement institutionnel des mobilités, ainsi que les formes d’auto-organisation des acteurs migratoires seront également au cœur des réflexions.
Le séminaire portera une attention particulière à la matérialité des mobilités : objets, techniques, savoirs et pratiques qui circulent avec un focus sur les trajectoires de personnes qui contribuent à redéfinir les frontières dans un espace marqué par les transformations d’État, les recompositions post-impériales et post-socialistes.
20/10/2025 : Séance introductive
03/11/2025 :
Nadia Latif (Columbia University), « The Role of Migrant Remittances in the Political Economies of Long-Term Refugee Camps: Notes from Burj al-Barajneh camp in Beirut »
Elif Becan (GEO, Université de Strasbourg), « Governing Welfare After Empire : Administration and Negotiation of Ottoman Pensions in the Post-Imperial Mandates »
17/11/2025 :
Mišo Kapetanović (Institute for Habsburg and Balkan Studies, Austrian Academy of Sciences), « Affects, Mobilities, and Working-Class Lives in Post-Yugoslav Migrant Communities »
Juliette Ronsin (CETOBaC, EHESS-Mucem), « From Yugoslavia to Sochaux: Crossing borders into the unknown, 1960s-1990s »
01/12/2025 :
Angelos Dalachanis (IHMC, ENS-PSL), « Liquider les affaires familiales : enjeux matériels et relations genrées suite à la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez »
Gabriel Doyle (DEMO, Aix-Marseille Université), « La mobilisation internationale pour les réfugiés de Roumélie (1877-78) et ses effets sur l’espace urbain d’Istanbul »
15/12/2025 :
Jovana Papovic(CETOBaC, EHESS), « Spectacle and Encounter: Yugoslav Sokol travels Between Politics and Experience »
John Paul Newman (Centre for European and Eurasian Studies, Maynooth University), « The Czechoslovak Sokol Association in the Interwar Period: Cultivating and Promoting ‘New Europe’ Across Borders »
05/01/2025 :
Nathalie Clayer (CETOBaC, EHESS), « Circulations et fabrique des savoirs dans l’Empire ottoman de la Seconde moitié du XIXe siècle à travers la trajectoire de Shemseddin Sami Frashëri (1850-1904) »
Anne Madelain (CREE, INaLCO) : « Reconstituer un espace de circulation ou s’adapter aux frontières : dilemmes et défis des acteurs du monde du livre post-yougoslave (1991-2020) »
19/01/2026 :
Agustín Cosovschi (EFA), « Veljko Vlahović et la réinvention de l’imaginaire global yougoslave durant la Guerre froide »
Zeynep Bursa (LARHRA, Lyon 2) : « La circulation des savoirs islamiques durant la guerre froide: Muhammed Hamidullah entre la France et la Turquie »
02/02/2026 :
Solène Poyraz (CETOBaC, EHESS), « La Turquie, une “grande boulangerie” ? Discours, représentations et pratiques autour du pain dans l’accueil de la population syrienne en Turquie »
Nina Khamsy (Institut de sociologie, Université de Neuchâtel), « Noqta dâri ? As-tu le point (GPS) ? : Objets et pratiques numériques sur les parcours migratoires Afghans dans les Balkans »
Les nouvelles docteures de l’IHMC, avec Brigitte Dionnet et Juliette Ronsin
Logo : Aurélien Peter
C’est un épisode spécial proposé aujourd’hui dans lequel OpCit accueille deux jeunes docteures ayant soutenu leur thèse durant l’année universitaire 2024-2025. Ces thèses sont toutes deux des thèses sociales, abordant notamment les problématiques des femmes et de leur relation au travail. Cette thématique s’inscrit dans un axe structurant de l’IHMC.
De la pauvreté des femmes pendant la Révolution aux immigrées yougoslaves en France, c’est l’actualité de la recherche du laboratoire que nous vous présentons ici, avec celles qui la font aujourd’hui.
Les thèses présentées
Juliette Ronsin, « C’est Peugeot qui nous a amenés ici » : les migrations yougoslaves à Belfort-Montbéliard des années 1960 à nos jours, encadrée par Claire Zalc (CNRS / IHMC) et soutenue le 12 septembre 2024.
Brigitte Dionnet, Politique et pauvreté des femmes à Paris (1789-1804), encadrée par Pierre Serna (Paris 1 / IHMC) et soutenue le 14 décembre 2024.
Crédits
OpCit ! est un podcast produit et réalisé par l’Institut d’histoire moderne et contemporaine (IHMC-UMR 8066).
Invitées : Brigitte Dionnet (docteure, Paris 1 / IHMC) et Juliette Ronsin (docteure, ENS-PSL / IHMC) Présentateur : Jean-François Chauvard (professeur des universités, Paris 1 / IHMC
Technique Réalisation : Quentin Censier Production : Johanne Perrin et Alexandre Binoux Musique : Hervé Drévillon
Silvina Der-Meguerditchian, “Made in Turkey II,” (detail), 2,40 x 3,40 m. 2005. Courtesy of the artist
Au XXe siècle, l’effondrement d’empires (ottoman, austro-hongrois, russe/soviétique) ou d’États multiethniques (Yougoslavie) a reconfiguré les territoires de l’Europe centrale et orientale, de la Méditerranée orientale, du Caucase et en Asie centrale. Les (re)délimitations de l’espace ont déplacé des communautés, restreint la mobilité et redessiné des régions, de même que leur réseau de communication. Tout au long de l’histoire, la cartographie n’a pas seulement enregistré les ambitions impérialistes et colonialistes, elle a également joué un rôle crucial dans la construction des nations, à mesure que ces régions se re-définissaient. Bien que les cartes suggèrent un régime visuel basé sur l’abstraction, les expériences vécues et les pratiques incarnées des individus et des communautés affectées par la transformation de ces régions ont refaçonné l’espace de manière différente de ses représentations officielles : les routes migratoires établissant un réseau de lieux autrefois non connectés ; les croquis de mémoire des réfugiés sur leurs patries perdues exprimant des imaginaires cartographiques ; les interventions artistiques dans l’espace évoquant la dérive situationniste, une approche expérientielle de l’espace révélant des connexions et des récits cachés au sein du tissu urbain et social. Ces approches incarnées et phénoménologiques constituent un savoir spatial « situé », tel que l’a introduit Donna Haraway dans son essai fondamental « Les savoirs situés » (1988), ayant un impact significatif sur la discipline de la géographie. Le concept de « savoir situé » a influencé les méthodologies des études spatiales, soulignant comment le savoir géographique reflète souvent des cadres coloniaux, nationalistes, patriarcaux ou capitalistes. De même, l’essor d’un « tournant spatial » dans les études consacrées à l’Europe centrale et orientale, à la Méditerranée orientale, au Caucase et en Asie centrale ouvre la voie à une relecture critique des narrations territoriales et identitaires, tout en valorisant de nouvelles approches multi-situées et décentrées.
Atelier méthodologique en ligne pour les doctorant.e.s et jeunes chercheur.e.s qui travaillent sur les Balkans ou l’Europe du Sud-Est plus largement (voir l’affiche ci-dessous).
L’atelier a lieu en ligne le 20 février à 13h et il est organisé par le RECET de l’Université de Vienne.
Nicolas Manitakis (Université d’Athènes) est accueilli au CETOBaC du 26 janvier au 27 février 2025 par Fabio Giomi (CETOBaC) dans le cadre du programme Professeurs invités de l’EHESS. À ce titre, il donnera quatre conférences.
Présentation
Nicolas Manitakis est professeur associé à l’Université d’Athènes. Il a soutenu sa thèse sous la direction de Gérard Noiriel et est titulaire d’un doctorat en histoire de l’EHESS. Ses centres d’intérêt portent sur l’histoire des migrations et sur l’histoire des institutions culturelles et éducatives. Il a notamment co-dirigé le livre Mataroa 1945 : du mythe à l’histoire (École Française d’Athènes, 2021 – avec Servanne Jollivet) et co-écrit le livre De l’École Giffard à l’Institut Français de Grèce. 1907-1922 (École Française d’Athènes, 2023 – avec Lucile Arnoux). Ses recherches actuelles portent sur l’histoire des mobilités spatiales, des politiques migratoires et du contrôle étatique en Grèce et dans les Balkans au XXe siècle.
Conférences
Des Français en Grèce au cours de la première moitié du XXe siècle
5 février 2025, de 10h30 à 12h30
Salle IHMC • ENS – 45 rue d’Ulm, 75005 Paris
Dans le cadre Séminaire IHMC / Master d’histoire transnationale de l’ENS organisé par Angelos Dalachanis et Marie-Carmen Smyrnelis
Bureaucratisation de l’État et contrôle des mobilités dans les Balkans (première moitié du XXe siècle). Le cas de la Grèce
13 février 2025 de 10h30 à 12h30
Salle 25-A • Bâtiment de l’EHESS – 2 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers
Dans le cadre de la réunion mensuelle du CETOBaC
L’ère des soupçons. Genèse d’une politique migratoire en Grèce (1925-1940)
25 février 2025 de 10h30 à 12h30
Salle 602 • Bâtiment de l’EHESS – 2 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers
Dans le cadre du séminaire Expériences de l’espace, espaces de l’expérience dans les sociétés (post-)ottomanes organisé par Nathalie Clayer, directrice d’études, EHESS – directrice de recherche, CNRS / Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC) et Andreas Guidi, maître de conférences, INaLCO
L’émigration intellectuelle et artistique grecque en France au XXe siècle : Mataroa 1945
27 février 2025 de 18h à 20h
Salle AS1_23 • EHESS – 54 boulevard Raspail, 75006 Paris
Dans le cadre du séminaire «Recherches en cours sur la Grèce moderne et contemporaine» organisé par Marie-Elisabeth Mitsou (EHESS, CRH)
La communauté juive de Rhodes a été une part intégrante du judaïsme de Méditerranée orientale pendant plusieurs siècles. Son sort fut néanmoins scellé par les transformations radicales qui affectèrent les espaces ottomans au cours du 20e siècle conduisant à un puissant mouvement d’émigration, et à la formation d’une diaspora nombreuse. Mais ce sont surtout les violences de la seconde Guerre Mondiale qui conduisirent à la disparition durable de la communauté à Rhodes suite à la déportation de près de 2 000 personnes vers le camp d’Auschwitz en juillet 1944. Alors que cette disparition semblait irrémédiable, de nombreuses initiatives développées au cours des années 2000, ont conduit à lui redonner une visibilité nouvelle à Rhodes.
Organisée dans le cadre de l’exposition « Revenir. Retours migratoires en Méditerranée » (octobre 2024-juin 2025), cette journée d’études permettra de présenter, pour la première fois en France, le destin de cette communauté ainsi que les différentes activités de mémoire qui ont été menées à ce sujet par plusieurs institutions muséales.
Cette rencontre sera précédée d’une projection au Musée d’histoire de Marseille (Port Antique, Rue Barbusse)le jeudi 5 décembre à 18h du documentaire « L’île des roses: tragédie dans un paradis »de Rebecca Samonà et d’une discussion menée par Dionigi Albera (IDEAS, CNRS) et Cyril Isnart (MMSH, CNRS).
PROGRAMME
Mot d’accueil :
Aude Fanlo (Mucem), Isabelle Renaudet (TELEMMe, AMU) et Claudia Restis (Communauté juive de Rhodes).
Introduction :
Andreas Guidi (CREE, INALCO) et Pierre Sintès (TELEMMe, AMU)
Atelier 1 : Des sujets d’empire à la Shoah : une histoire connectée des juifs de Rhodes
Avec Andreas Guidi (CREE, INALCO), Alexis Rappas (Université Koç, Istanbul), Dario Miccoli (Université Ca’Foscari de Venise)
Modération : Céline Regnard (TELEMMe, AMU)
Présentation de l’ouvrage The Last Transport: The Holocaust in the Eastern Aegean (Bloomsbury, 2024) d’Anthony McElligott (Université de Limerick)
Atelier 2 : La mémoire de Rhodes au musée : quels défis ?
Avec Dimitrios Varvaridis et Carmen Cohen (Musée juif de Rhodes), Sara Buda (CDEC, Milan), Laurence Ritter (Fondation Camp des Milles), Pierre Sintès (TELEMMe, AMU)
L’atelier « Islam – migrations – genre » propose d’initier un dialogue entre trois champs de recherche qui communiquent peu : l’histoire de l’islam, l’histoire des migrations et l’histoire du genre. La première est trop centrée sur les dimensions religieuses pour les un·e·s, la seconde trop focalisée sur l’encadrement étatique des migrations pour les autres et, enfin la dernière trop « militante » pour le reste. Alors, comment écrire une histoire sociale et culturelle des musulman·e·s en Europe qui intègre le genre comme catégorie d’analyse historique et qui s’intéresse au quotidien des acteurs et actrices, en mettant en avant leur « agency » ?
L’atelier réunira des spécialistes de l’histoire de l’islam, des migrations et du genre afin de discuter de l’intérêt et de la richesse mais également des défis et difficultés à croiser ces champs de recherche. En focalisant son approche sur les acteurs et actrices et, leurs interactions aussi bien avec les instances religieuses qu’étatiques, cet atelier offre une manière originale d’écrire une histoire sociale et culturelle qui s’efforce d’intégrer le genre comme une catégorie d’analyse historique. Les discussions s’articuleront autour des pratiques et dynamiques du quotidien, de l’espace privé, voire intime et, de la vie conjugale et familiale. Plus que les dogmes religieux et les prescriptions normatives, ce sont leurs appropriations individuelles par des musulman·e·s qui feront l’objet du débat ; plus que l’encadrement et la surveillance des migrant·e·s par les États, c’est leur vécu en Europe que nous souhaitons analyser. Nous nous intéresserons, en particulier, à la première moitié du XXe siècle.
Participeront à cet atelier Naomi Davidson (University of Chicago Center, Paris), Fabio Giomi (CETOBaC), Gerdien Jonker (FAU Research Centre for Islam and Law in Europe, Erlangen) et Umar Ryad (KU Leuven). La table ronde sera animée par Peter Hallama (Paris 1 Panthéon-Sorbonne / SIRICE).
Langues de travail : anglais et français
Organisateur : Peter Hallama (Paris 1 Panthéon-Sorbonne / UMR SIRICE), en coopération avec le CETOBaC et avec le soutien de l’UMR SIRICE.
Appel à participation
L’atelier comportera une partie informelle (11h-13h) avec de jeunes chercheur·e·s (étudiant·e·s de Master, doctorant·e·s et postdoctorant·e·s) qui pourront échanger sur leurs travaux avec les invité·e·s. Si vous souhaitez participer à ce premier temps de l’atelier, veuillez envoyer un résumé de votre projet de recherche, accompagné d’un court CV, à Peter Hallama (peter.hallama@univ-paris1.fr).
Programme provisoire
11h-13h : Discussion des travaux en cours au croisement entre histoire de l’islam, histoire des migrations et histoire du genre.
15h-18h : Présentations scientifiques de Naomi Davidson, Fabio Giomi, Gerdien Jonker et Umar Ryad, suivies d’une table ronde avec les chercheur·e·s invité·e·s.
Le carnet de l'Association française d'études sur les Balkans / The Blog of the French Association of Balkan Studies