Séminaire organisé par David Do Paço (Sciences Po, CHSP), Programme provisoire élaboré avec l’aide de Juliette Galonnier Post-doctorante (l’INED), Fabio Giomi Chargé de recherches au CNRS (CETOBAC) et Antoine Perrier ATER (Faculté des lettres de Sorbonne Université).
Séminaire mensuel, le jeudi ou le vendredi de 14h à 18h au Centre d’histoire de Sciences Po, 56 rue Jacob, Paris 6e, Salle du Traité, 1er étage. Les 25 octobre, 22 novembre, 13 décembre 2019, le 06 février, et les 05 et 27 mars 2020.
Le séminaire d’histoire de l’Europe du CHSP est cette année dédié à l’étude des musulmans dans les sociétés européennes aux époques moderne et contemporaine. Il s’adresse aux chercheurs confirmés, aux jeunes chercheurs et aux étudiants en master e histoire et en sciences sociales. Il propose une histoire socio-économique, politique et culturelle des musulmans dans leur diversité sociale, culturelle, religieuse, générationnelle et de genre afin de mieux cerner l’évolution des sociétés européennes dont ils sont des acteurs à part entière. Il rend ainsi compte d’un renouvellement historiographique majeur et du déplacement des problématiques d’une histoire intellectuelle et religieuse de l’islam à celle des musulmans dans les sociétés majoritairement chrétiennes ou sécularisées d’Europe. Assumant une démarche comparative et en choisissant de travailler sur le temps long, le séminaire discute et met en cause une histoire presque exclusivement liée aux passés impériaux et coloniaux des puissances européennes, ainsi qu’une mémoire de l’Europe choisie, construite et entretenue comme exclusivement judéo-chrétienne.
Depuis l’arrivée des premiers sépharades après leur expulsion de l’Espagne à la fin du XVe siècle à Salonique et dans d’autres villes de l’Empire Ottoman, les communautés juives se sont enracinées et épanouies dans des villes ottomanes qui deviendront grecques au XXe siècle. La disparition de la presque totalité des Juifs grecs dans la Shoah a signalé une rupture historique de leur présence pluriséculaire dans cet espace . C’est de leur sort depuis l’expulsion d’Espagne jusqu’à la Shoah dont il est question dans ce volume mais aussi de l’émergence de la mémoire de leur extermination dans la mémoire collective grecque.
Dans une perspective pluridisciplinaire, cet ouvrage réunit des historiens, des sociologues et des politistes qui proposent une lecture croisée de mobilisations mémorielles insistant sur la mémorialisation de lieux, revenant sur la fabrique de mémoires collectives partisane, associative et syndicale .