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Archives par mot-clé : histoire contemporaine

Appel à communication | Quand la filiation ne va pas de soi. Filiations et violences, XXe – XXIe siècles. Colloque Junior, Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP), Paris, 4-6 novembre 2026 | Limite : 30 juin 2026

Appel à communication 

Quand la filiation ne va pas de soi. Filiations et violences, XXe – XXIe siècles.

Colloque Junior, Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP), Paris

4-6 novembre 2026

Colloque porté par : Bérénice Bernard (CHSP, Université de Genève), Ombline Damy (CHSP), Gabriel de Carvalho Sanches (Université de São Paulo, CHSP), Aesa Virely (CHSP, CETOBaC).

Composition du comité scientifique du colloque 

  • Joëlle Droux (Université de Genève) ;
  • Stéphane Gerson (New York University) ;
  • Célia Keren (Université Versailles Saint Quentin en Yvelines) ;
  • Frédérique Leichter-Flack (CHSP, Sciences Po) ;
  • Nazan Maksudyan (Freie Universität Berlin) ;
  • Horatia Muir Watt (École de Droit, Sciences Po) ;
  • Paul-André Rosental (CHSP, Sciences Po).

Candidater

Le colloque se tiendra sur le campus de Sciences Po Paris entre le 4 et le 6 novembre 2026. 

Les personnes désireuses de présenter leur travail sont invitées à envoyer un titre provisoire, un résumé de 500 mots maximum, et une courte bibliographie à filiations.colloque2026@gmail.com.

Les propositions devront être envoyées avant le 30 juin 2026 (inclus).

Les propositions retenues seront précisées dans le courant de l’été. 

Dans une volonté d’ouverture aux jeunes chercheurs et chercheuses internationaux, le colloque sera bilingue anglais-français. Chaque intervenant et intervenante communiquera un paper en anglais et/ou en français un mois avant le colloque. Une publication ultérieure est envisagée. 

Intitulé et argumentaire scientifique

Que ce soit sous la forme de romans (Tout héritage est une métamorphose, Irène Fenoglio, 2026 ; Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon, 2025 ; Remember Fessenheim, David Dufresne, 2025 ; Entre toutes, Franck Bouysse, 2025 ; Le fardeau, Matthieu Niango, 2025), de romans graphiques (Lebensborn, Isabelle Maroger, 2024 ; Le poids des héros, David Sala, 2022), ou encore de films (Maman déchire, Emilie Brisavoine, 2025 ; Les enfants vont bien, Nathan Ambrosioni, 2025), les « récits de filiation », comme Dominique Viart (1999) les a nommés il y a tout juste trente ans, continuent de se multiplier dans la sphère culturelle et suscitent l’intérêt renouvelé de chercheurs et chercheuses en littérature (Demanze, 2019 ; Racheboeuf, 2024). L’histoire n’échappe pas au phénomène : tandis que la cellule familiale et les questions d’ascendance sont prises comme point de départ de plus en plus de travaux (King, 2025 ; Hobson Faure, Pignot, Rivière, 2023 ; Rothschild, 2025), nombreux sont les historiennes et les historiens qui soumettent leur famille à l’enquête et produisent leurs propres « récits de filiation » (Jablonka, 2012 ; Audoin-Rouzeau, 2013 ; Lefebvre, 2022 ; Gerson, 2022). Par ailleurs, des travaux en sociologie soulignent qu’avec internet, la recherche de la filiation tend à se démocratiser (Fontanaud, 2012), le lien filial étant pensé comme un attachement « total », c’est-à-dire psychologique et social (Paugam, 2023). De plus, les disciplines que sont l’épigénétique et la psychogénéalogie, héritières de travaux en psychologie et en psychanalyse, qui placent au centre de la compréhension et de la construction de soi les expériences vécues par ses ancêtres, connaissent aussi un engouement tout particulier (Gaillard, 2022). Ainsi, savoir de qui on est le descendant apparaît ces cinquante dernières années comme une question centrale, non seulement pour se comprendre, mais aussi, et peut-être surtout, pour se raconter.

L’investissement, par les sciences humaines et sociales comme par la littérature, de la filiation en tant qu’objet et enjeu, déconstruit l’apparente évidence de cette notion centrale dans l’organisation des sociétés. Conçue comme un lien social et juridique distinct de l’acte biologique de l’engendrement, la filiation inscrit l’individu dans la société, lui donnant une identité, des droits et des obligations (Steinberg, 2021). Elle peut être établie, réglementée et sanctionnée par différentes autorités comme les États, les institutions religieuses, les communautés locales, ainsi que par de multiples mécanismes issus de contextes historiques et sociaux distincts, traduisant des attentes genrées : présomption de paternité, adoption, actes de reconnaissance, rites spécifiques, dispositifs scientifiques et juridiques. La filiation en tant que concept est par ailleurs étroitement dépendante des contextes socio-géographiques dans lesquels elle s’inscrit, notamment des rapports historiques, politiques et sociaux qui structurent les Nord et Sud globaux (Paz Landeria et Llobet, 2019 ; Esteve, Castro-Martín et Castro Torres, 2022). Du reste, les nouvelles formes de parentalité et les revendications afférentes, autour de la procréation médicalement assistée (PMA) par exemple, placent cette question au cœur du débat public. 

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Marta Verginella invitée au CETOBaC en mars 2026

Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques – CETOBaC

À télécharger : Affiche

Marta Verginella is a Full Professor at the Department of History (University of Ljubljana), teaching Theory of History and General History of the 19th century. She was a visiting lecturer at the universities in Campobasso, Lisbon, Madrid, London, Naples, Venice, Padua, Ann Arbor, Vienna, Alessandria, etc. In 2019, she was a visiting fellow at the Remarque Institute (New York University). From 2017 to 2023, she led the ERC funded project EIRENE – Post-war transitions in gendered perspective: case of the North-Eastern Adriatic region. Since 2022 she has chaired the Scientific Committee for Humanities at the Public Agency for Science, Research and Innovation of the Republic of Slovenia (ARIS). Her research interests and publications cover the fields of border studies, memory studies, nationalism studies and transnational history.

CONFÉRENCES

Les réseaux intellectuels féminins à la périphérie de l’Empire des Habsbourg : enjeux et apports d’une approche biographique

Dans le cadre des rencontres du Groupe histoire du genre du CRH, animé par Sylvie Steinberg, Silvia Sebastiani, Elizabeth Claire, Pascale Barthélémy

  • Lundi 9 mars 2026, 9h30-12h30, Salle A04_47 • EHESS – 54 boulevard Raspail, 75006 Paris

Ville-campagne: origines et résilience d’un paradigme historiographie en Haute Adriatique

Dans le cadre du séminaire « Études environnementales : perspectives sud-est européennes (XIXe-XXIe siècle) » animé par Nathalie Clayer et Fabio Giomi

  • Mardi 10 mars 2026, 14h30-16h30, Salle A502 • Bâtiment de l’EHESS – 2 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers

Le défi de l’approche transnationale face à l’usage politique de l’histoire des confins

Dans le cadre du séminaire « Expériences de l’espace, espaces de l’expérience dans les sociétés (post-)ottomanes » animé par Nathalie Clayer et Andreas Guidi

  • Mardi 24 mars 2026, 10h30-12h30,  Salle A602 • Bâtiment de l’EHESS – 2 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers

Women at Work in the North-Eastern Adriatic Area: Post-War Transitions in the 20th century between Continuity and Discontinuity

Dans le cadre du séminaire « De la philanthropie à la protection sociale. Entre empire et État nation, démocratie et dictature (Europe de l’Est et du Sud-Est, XIXe-XXIe siècle) » animé par Morgane Labbé

  • Mardi 24 mars 2026, 14h30-16h30, Salle A527 • Bâtiment de l’EHESS – 2 cours des Humanités, 93300 Aubervilliers

Parution : François Georgeon, Un printemps ottoman La révolution jeune-turque de 1908

François Georgeon, Un printemps ottoman La révolution jeune-turque de 1908, Paris, Les Belles Lettres, 2026, (306 p., 26,90€)

Présentation

Été 1908. Après des décennies d’un régime autocratique, l’Empire ottoman connaît soudain une vague de liberté sans précédent. Des chrétiens, des juifs et des musulmans s’embrassent dans les rues aux cris de « vive la liberté ! ». De multiples mobilisations populaires voient le jour, impliquant des jeunes, des femmes ou des ouvriers.

La révolution jeune-turque est en marche. Elle est le résultat d’un coup de force organisé par des officiers de la IIIe armée de Macédoine qui, en menaçant de marcher sur Istanbul, ont contraint le sultan Abdülhamid II (1876-1909) à établir un régime parlementaire. Inspirée par les idées de patrie, de liberté, de justice et de progrès, l’action des Jeunes Turcs, patiemment préparée, déclenche une séquence d’événements déterminants pour l’avenir de la région, depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient : à la fête révolutionnaire et aux élections à la Chambre des députés, succèdent, dès 1909, une tentative de contre-révolution à Istanbul, une explosion de violences contre la communauté arménienne d’Adana, l’envoi en exil du sultan, puis la relance d’une révolution de plus en plus teintée d’illibéralisme.

L’ouvrage de François Georgeon, synthèse de nombreuses années de recherches, livre la première étude en français sur cette révolution cruciale mais souvent oubliée. Il la replace dans le contexte historique global (guerre russo-japonaise de 1905, mouvements constitutionnalistes en Russie et en Iran, apogée de l’impérialisme européen, déchaînement des nationalismes) et en analyse les paradoxes : pourquoi cette révolution, qui avait suscité l’enthousiasme et levé tant d’espoirs a-t-elle débouché sur une série de drames : la dictature des Jeunes Turcs, le génocide des Arméniens, les défaites dans la Première Guerre mondiale et, pour finir, l’effondrement de l’Empire ottoman ?

-> Voir site de l’éditeur

Parution : Béatrice Garapon, Aux origines de la démocratie turque Une étude de la politique en milieu provincial (1946-1960)

Béatrice Garapon, Aux origines de la démocratie turque

Une étude de la politique en milieu provincial (1946-1960)

Paris, Karthala, p. 324, 33 €

Le Parti démocrate turc (DP), fondé en 1946, arrive au pouvoir en 1950 pour y rester jusqu’en 1960, date d’un coup d’État de l’armée. Il est le premier parti politique turc à accéder au gouvernement par la voie des urnes après l’abandon du système de parti unique en 1945.

En s’éloignant d’une histoire du parti qui aurait été faite par ses grands hommes, par le centre et par ses institutions, le présent ouvrage propose une sociologie ancrée dans le contexte local, à travers l’étude de l’implantation du parti dans différents départements de Turquie – Adana, Diyarbakır, Erzurum et Izmir. En usant de sources variées – archives de la presse locale, mémoires d’hommes politiques locaux, rapports diplomatiques, témoignages – Béatrice Garapon analyse ainsi le rôle décisif du DP dans l’adoption de pratiques électorales et la promotion de nouvelles élites dans la Turquie d’après-guerre. Elle met en lumière la diversité des dynamiques d’adhésion partisane selon les tissus socio-économiques locaux, ainsi que les écarts entre le centre et les provinces, tout en montrant les continuités avec la période du parti unique. 

Béatrice Garapon est ancienne élève de l’École normale supérieure, diplômée de Sciences Po Paris et docteure du Centre Émile Durkheim de Sciences Po Bordeaux. Elle a enseigné à l’université de Galatasaray à Istanbul, à Sciences Po Bordeaux, puis à l’INALCO. Elle a également animé plusieurs séminaires de recherche sur la Turquie contemporaine.

Collection soutenue par le CETOBaC.

-> Voir site de l’éditeur 

Parution : Nadège Ragaru, « Et maintenant, où va-t-on ? » Le communisme en scène

Nadège Ragaru, « Et maintenant, où va-t-on ? » Le communisme en scène, Paris : Eur’Orbem Éditions, coll. « Cultures & Sociétés » (dir. Clara Royer), 2025, 402p., ISBN : 979-10-96982-41-7. (postface de Valérie Pozner)

Résumé :

Honnis par certains, regrettés par d’autres, les communismes est-européens seraient-ils une parenthèse historique close ? Dans sa cruauté guerrière et ses ambitions néo-impériales, le présent nous impose de les relire instamment. Ils nous parlent de l’Est européen, c’est-à-dire de nous.

L’auteure de cet ouvrage a choisi de retraverser l’ère communiste à travers le prisme des arts et du visuel. En procédant par arrêts sur image, elle nous fait découvrir de grandes tragédiennes converties en mères sacrificielles du socialisme, des publics amateurs de “Star Wars” ou disciplinés à travers de sanglantes épopées patriotiques, ainsi que des milieux créatifs, parfois critiques, volontiers embourgeoisés. Sont ainsi éclairés les (dis)continuités historiques, la domination et ses portes dérobées, le jeu des mobilités sociales et des sensibilités, et l’ingénierie forcée des identités nationales.

En dernier ressort, le communisme en scène s’y donne à voir en Europe du Sud-Est dans sa violence et ses instants de légèreté. Indissociablement comédie, satire des mœurs et tragédie. Érodé par les mutations sociales qu’il avait appelées de ses vœux.

Nadège Ragaru, historienne et politiste, est directrice de recherche au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris (CERI-CNRS) et enseignante à Sciences Po Paris. Elle a été chercheure invitée à l’Université d’Oxford et Reid Hall Fellow à l’Université de Columbia. Elle est notamment l’auteure de Bulgaria, the Jews and the Holocaust. On the Origins of a Heroic Narrative, Rochester, N.Y. : University of Rochester Press, 2023 et Assignés à identités. Violence d’État et expériences minoritaires dans les Balkans post-ottomans, Istanbul : Les Éditions Isis, 2019.

Pour commander le livre :

Institut des études slaves, 9 rue Michelet, 75006 Paris

Email : ies.commandes@orange.fr

Tél. : 07 72 28 61 13 

Rédaction : Stéphanie Cirac, Eur’Orbem, 9 rue Michelet, 75006 Paris, stephanie.cirac@cnrs.fr

Pour plus de précisions : http://eurorbem.paris-sorbonne.fr/

Séminaire – Migrations et circulations : personnes, objets, savoirs (XIXe–XXIe siècle)

Intervenant·e·s
  • Juliette Ronsin [référent·e]   contrat postdoctoral, EHESS / Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Elif Becan   maîtresse de conférences, Université de Strasbourg

Ce séminaire entend explorer les dynamiques de mobilités et de circulations de l’Europe du Sud-Est et de la Méditerranéée à l’époque contemporaine (XIXe-XXIe siècle), selon une perspective historique et socio-historique, tout en restant ouvert aux apports des sciences sociales (anthropologie, sociologie, sciences politiques, géographie). Les mobilités, durables ou temporaires, y sont envisagées dans toute leur complexité : migrations de travail, exils liés aux conflits, déplacements intra-régionaux ou transnationaux. Les politiques d’émigration et d’immigration, les dispositifs d’encadrement institutionnel des mobilités, ainsi que les formes d’auto-organisation des acteurs migratoires seront également au cœur des réflexions.

Le séminaire portera une attention particulière à la matérialité des mobilités : objets, techniques, savoirs et pratiques qui circulent avec un focus sur les trajectoires de personnes qui contribuent à redéfinir les frontières dans un espace marqué par les transformations d’État, les recompositions post-impériales et post-socialistes.

20/10/2025 : Séance introductive

03/11/2025 :

  • Nadia Latif (Columbia University), « The Role of Migrant Remittances in the Political Economies of Long-Term Refugee Camps: Notes from Burj al-Barajneh camp in Beirut »
  • Elif Becan (GEO, Université de Strasbourg), « Governing Welfare After Empire : Administration and Negotiation of Ottoman Pensions in the Post-Imperial Mandates »

17/11/2025 : 

  • Mišo Kapetanović (Institute for Habsburg and Balkan Studies, Austrian Academy of Sciences), « Affects, Mobilities, and Working-Class Lives in Post-Yugoslav Migrant Communities »
  • Juliette Ronsin (CETOBaC, EHESS-Mucem), « From Yugoslavia to Sochaux: Crossing borders into the unknown, 1960s-1990s »

01/12/2025 :

  • Angelos Dalachanis (IHMC, ENS-PSL), « Liquider les affaires familiales :  enjeux matériels et relations genrées suite à la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez »
  • Gabriel Doyle (DEMO, Aix-Marseille Université), « La mobilisation internationale pour les réfugiés de Roumélie (1877-78) et ses effets sur l’espace urbain d’Istanbul »

15/12/2025 :

  • Jovana Papovic  (CETOBaC, EHESS), « Spectacle and Encounter: Yugoslav Sokol travels Between Politics and Experience »
  • John Paul Newman (Centre for European and Eurasian Studies, Maynooth University), « The Czechoslovak Sokol Association in the Interwar Period: Cultivating and Promoting ‘New Europe’ Across Borders »

05/01/2025 : 

  • Nathalie Clayer (CETOBaC, EHESS), « Circulations et fabrique des savoirs dans l’Empire ottoman de la Seconde moitié du XIXe siècle à travers la trajectoire de Shemseddin Sami Frashëri (1850-1904) »
  • Anne Madelain (CREE, INaLCO) : « Reconstituer un espace de circulation ou s’adapter aux frontières : dilemmes et défis des acteurs du monde du livre post-yougoslave (1991-2020) »

19/01/2026 : 

  • Agustín Cosovschi (EFA), « Veljko Vlahović  et la réinvention de l’imaginaire global yougoslave durant la Guerre froide »
  •  Zeynep Bursa (LARHRA, Lyon 2) : « La circulation des savoirs islamiques durant la guerre froide: Muhammed Hamidullah entre la France et la Turquie »

02/02/2026 :

  • Solène Poyraz (CETOBaC, EHESS), « La Turquie, une “grande boulangerie” ? Discours, représentations et pratiques autour du pain dans l’accueil de la population syrienne en Turquie »
  • Nina Khamsy (Institut de sociologie, Université de Neuchâtel), « Noqta dâri ? As-tu le point (GPS) ? : Objets et pratiques numériques sur les parcours migratoires Afghans dans les Balkans »

Séminaire – Expériences de l’espace, espaces de l’expérience dans les sociétés (post-)ottomanes

Intervenant·e·s
  • Nathalie Clayer [référent·e]   directrice d’études, EHESS – directrice de recherche, CNRS / Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Andreas Guidi   maître de conférences, INaLCO

Dans ce séminaire, en partant de la présentation et de la discussion de recherches en cours sur l’espace ottoman et post-ottoman, on s’interrogera, à partir de différents types d’objets (trajectoires individuelles et collectives, lieux d’activités et de production), sur les pratiques et visions spatiales, mais aussi sur les évolutions des espaces sociaux et des paysages, ainsi que sur les temporalités de ces évolutions. Une place sera faite à la présentation de travaux de master et de thèse en cours. On s’intéressera en particulier à la question des frontières.

Mardi 14 octobre 2025 : Nathalie Clayer (EHESS – CETOBaC) et Andreas Guidi (INALCO – CREE), Séance d’introduction  « Relire l’histoire (post-)ottomane au prisme des frontières »

Mardi 28 octobre 2025 : Nathalie Clayer (EHESS – CETOBaC), « Sociabilités ottomanes au prisme de la mobilité : l’expérience d’une famille de la frontière épirote en 1875-76 »

Mardi 25 novembre 2025: Aesa Virely (Science Po-CHSP), « Bratstvo i djetinjstvo. Expériences enfantines de l’espace et du fédéralisme yougoslave (1945-début des années 1960) » et Melvin Bernard (EHESS/Lyon 3-CETOBaC-LAHRA), « Entre espace domestique et espace productif : L’accès au logement et les entreprises autogérées en Yougoslavie (milieu années 1970-années 1980) »

Mardi 9 décembre 2025 : Lina Tsrimova (CNRS, CERCEC), « Le Caucase comme une zone frontalière russe : construire une région impériale aux XVIIIe-XIXe siècles »

Mardi 13 janvier 2026 : Elif Becan (Université de Strasbourg), « Les Conférences balkaniques : dynamiques de coopération régionale et contraintes internationales dans l’entre-deux-guerres »

Mardi 27 janvier 2026 : Gelina Harlaftis (Institute for Mediterranean Studies-Rethimno, professeure invitée à l’EHESS), « Istanbul as a maritime centre of the Eastern Mediterranean and the Black Sea and the transition from sail to steam, end of 19th-beginning of 20th century »

(suite du programme à venir)

Séminaire – Territoires et trajectoires du religieux en Europe du Sud-Est, XVIIIe-XXIe siècles. Lieux partagés, transformés, saccagés, reconstruits. Lieux du culte et de ses appropriations dans l’espace et par l’image

Intervenant·e·s
  • Catherine Horel [référent·e]   directrice de recherche, CNRS / Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBaC)
  • Galia Valtchinova   professeure des universités, Université Toulouse-Jean Jaurès

Le séminaire de cette année s’articule autour du territoire et du bâti religieux, les deux pris au sens large du terme. Deux axes se croisent ainsi pour former la prolongation de la thématique de l’an dernier. Les vicissitudes géopolitiques qui ont affecté le Sud-Est européen depuis l’époque moderne ont entraîné de considérables variations des lieux de culte : abandon, destruction et relocalisation dus aux conflits, interdictions et pratiques clandestines, renouveau et reconstructions, apparitions de lieux « alternatifs ». En contrepartie se sont aussi développées des dynamiques de partage des espaces et des logiques transfrontalières et transnationales, notamment dans le cas des pèlerinages sur le long terme mais également et surtout dans le contexte postcommuniste.

Selon les changements de régime de territorialité, un lieu du religieux change de souveraineté ou bien se trouve repositionné du centre vers la périphérie ou vice-versa. On transporte ainsi une église, un monastère, ainsi que les reliques des saints/monarques qui y sont vénérées. Ceci est particulièrement notable dans les exemples serbe et bulgare. Le langage associé au lieu traduit ces bouleversements : l’on parle ainsi de « nouvelle Jérusalem » ou de « nouveau Mont Athos » du côté du christianisme orthodoxe, de « nouvelle Mecque », côté musulman.  Le pouvoir investit et transforme (travestit) les bâtiments, et/ou en crée d’autres à son image. Il peut aussi avoir intérêt à maintenir une ou des pratiques minoritaires, voire à les encourager si elles lui garantissent le contrôle sur un territoire contesté. Le pèlerinage ou la dévotion à certains lieux alimente le discours national : les sépultures royales sont érigées en églises laïques, et il en est de même des mausolées des dirigeants communistes.

La notion de paysage religieux est un mot-clé pour explorer, d’un côté, l’enchevêtrement de la matérialité et, d’un autre côté, s’interroger sur la distinction, en parlant de paysage religieux, entre contextes rural et urbain et de sa pertinence, ce qui de nous permet de traiter de la visibilité du culte et des groupes qu’il rassemble. Dans les villes multiethniques et multiconfessionnelles, les édifices religieux contribuent à la définition identitaire et peuvent générer alternativement la cohabitation pacifique ou bien le conflit. Leur destruction par « les autres » produit des traces, des lieux « fantômes » qui continuent à vivre dans la mémoire (on pense ici aux synagogues en général et à Thessalonique en particulier).

Calendrier des séances : 

2 février – Séance d’introduction  ;

16 février – Stefano Petrungaro (professeur invité), Exhumations of Mass Graves in Eastern Europe and their religious appropriation

2 mars :  Séance consacrée aux doctorants ; Ingrid Antal : le renouveau de la construction religieuse à Budapest autour de 1900 ; Nathalie de Kaniv : La modernité du primitivisme religieux dans l’art d’Europe centrale et orientale 1900-1930.

16 mars : Le Mont Athos et ses avatars

13 avril : la symbolique nationale du paysage religieux

11 mai : Jérusalem bulgare et Mecque bosniaque

18 mai : Lieux saints transfrontaliers entre Albanie et Grèce

Le carnet de l'Association française d'études sur les Balkans / The Blog of the French Association of Balkan Studies