Archives par mot-clé : Grèce

MARIA KOKKINOU : SOUTENANCE DE THESE

« Instituer l’attente. La DOMÉ et les réfugiés politiques de la guerre civile grecque en Bulgarie (1949-2010) »

La soutenance se tiendra le Vendredi 22 mars 2019 à 14h00 à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 54 bd Raspail (75006), en salle AS1-15 (1er sous-sol).

Composition du jury :

M. Jean-François Gossiaux (Directeur de thèse), EHESS

Mme Aliki Angelidou, Panteion University

Mme Michèle Baussant, CNRS

Mme Chantal Bordes-Benayoun, CNRS
M.Dejan Dimitrijevic, Université Lumière Lyon 2
M. Boris Petric, CNRS
Résumé de la thèse :
Comment les réfugiés de la Guerre civile grecque (1946-1949) vivent-ils la Guerre ? Quelles expériences la vie en exil en Bulgarie socialiste engendre-t-elle ? Ce travail, prenant pour point de départ ces questionnements, présente la vie des réfugiés hellénophones et slavophones  qui ont trouvé refuge en Bulgarie à l’époque de la Guerre Froide, pour plus de trois décennies. Basée sur les archives de l’Organisation Démocratique pour la Culture et l’Éducation, la DOMÉ, qui fut fondée en 1962 par les cadres du PCG présents sur place à Sofia, et sur un corpus ethnographique collecté de 2009 à 2011 en Grèce et en Bulgarie, cette recherche couvre une période de 1948 jusqu’à 2010, et elle examine la catégorie analytique du réfugié, à travers le matériau d’archives et les récits de vies des réfugiés eux-mêmes, afin d’apporter des réponses quant à la façon dont l’attente du retour détermine le présent de l’exil, comment l’institution sur place (re)produit, en conditions de privation de la citoyenneté, l’appartenance nationale, comment les expériences des sujets composent de nouvelles identités, tant durant l’exil qu’après celui-ci, quand l’état grec autorise enfin – sous certaines conditions – leur rapatriement ; pour finir, comment les sujets vivent la temporalité dans ces conditions de marginalité, et comment ils dépassent la marginalisation politique et sociale qu’ils se sont vu imposer par le non retour, quand ils repartent dans le pays d’origine. Ce travail de recherche montre comment la catégorie du réfugié, qui dans le cas de la Guerre civile grecque, a composé la figure de l’écart politique et social, constitue dans le même temps un champ de négociation entre les sujets et le pouvoir et où les champs du possible restent à explorer.

Kira Kaurinkoski, Le “Retour” des grecs de Russie. Identites, memoires, trajectoires, Ecole Française d’athenes, 2018 (494 p., 60€)

Cet ouvrage examine les raisons qui, après la fin de la guerre froide, ont poussé des personnes et des populations entières, installées en Ukraine – ainsi que dans d’autres républiques d’ex-Union soviétique – depuis des siècles, à revendiquer une origine grecque et à élaborer des projets de migration de « retour » vers la Grèce. Il étudie les migrations grecques vers l’Empire russe où des Grecs, dans leur grande majorité ressortissants de l’Empire ottoman, se sont installés en nombre dès le XVIIIe s. Dans un second temps, il analyse les migrations de retour diasporiques et les migrations économiques transnationales d’Ukraine – et d’autres républiques d’ex-Union soviétique –, vers la Grèce et vers Chypre, dès la fin des années 1980. Il retrace, en particulier, l’histoire d’un groupe diasporique, les Grecs de Mariupol, et essaye d’analyser pourquoi il n’y a pas eu de « retour » collectif de ces Grecs vers la « mère-patrie imaginée ».

Kira Kaurinkoski est anthropologue, ancienne membre de l’École française d’Athènes et chercheuse associée à Aix-Marseille université (UMR 7307, Institut d’ethnologie méditerranéenne européenne et comparative). Ses recherches portent sur les diasporas et les migrations russes et postsoviétiques, et les mobilités et les minorités dans la région égéenne.

DE L’EUROPE OTTOMANE AUX NATIONS BALKANIQUES: LES LUMIÈRES EN QUESTION

23-25 mai 2018 

Institut français de Grèce – 31, rue Sina
École française d’Athènes – 6, rue Didotou
Université Panteion – 3, rue Hill, Plaka

EFA / Université Panteion / IFG
IRCL / MSH Sud / CNRS / COMUE / Université Paul Valéry

Le programme du Colloque Lumières

KATERÌNA ANGHELÀKI-ROOKE, LA CHAIR BEAU DÉSERT, LE MIEL DES ANGES, 2018 (160 P., 12€)

Texte traduit par Michel Volkovitch.

Son plus grand bonheur ? Elle répond : — L’amour qui devient création. La création qui devient amour. Ses poèmes, parlant à la première personne, sont les étapes d’une vaste confession — sans anecdote, réduite au sentiment — où l’amour des cœurs et des corps rayonne vers la vie, goûtée avec passion, la nature, objet d’un culte quasi religieux (« La nature est mon maître ») et la poésie bien sûr. On a rarement chanté l’amour avec autant d’ardeur et de tendresse, même si l’âge, il est vrai, change la donne : l’amour s’éloigne, la mort se rapproche, et les recueils les plus récents, dans une veine sans cesse plus élégiaque, chantent la nostalgie de la jeunesse perdue. Mais cette poésie n’a pas d’âge. Malgré les souffrances dont elle se fait l’écho, et la mélancolie dont peu à peu elle se voile, elle conserve sa vivacité, sa fraîcheur.

Publié avec le soutien du Centre culturel hellénique.

MIHÀLIS GANAS, POÉSIE I, LE MIEL DES ANGES, 2018 (128 P., 12€)

Texte traduit par Michel Volkovitch. 

La poésie de Mihàlis Ganas est hantée par son enfance et les montagnes d’Épire, ce rude paradis perdu. Personnages principaux : lui-même, ses proches, ses ancêtres. Tout un monde ancien parle à travers lui. Ses poèmes sont le précieux dernier écho d’un monde paysan, mi-chrétien mi-païen, dont sa génération aura été le témoin ultime. Il est l’héritier direct des merveilleux chants populaires et de Dionỳsis Solomos, père fondateur de la poésie grecque moderne au XIXe siècle. Mais notre poète des racines est en même temps branché sur son époque. Il décrit le monde urbain qui l’entoure, il monte et descend l’échelle du temps, dans ses thèmes comme dans ses formes. Voici donc ses trois premiers recueils : Cène d’angoisse (1978), Pierres noires (1980) et Yànnena la neige (1989), en attendant la suite dans un second volume.

Publié avec le soutien du Centre culturel hellénique.

THASOS : TREIZE SIÈCLES D’HISTOIRE AU PRISME DE L’ARCHÉOLOGIE. LE PROGRAMME ThANAr (THASOS, ABORDS NORD DE L’ARTÉMISION)

15 mars 2018, Salle des conférences de l’École Française d’Athènes, 19h 

Pour plus d’informations voir le site de l’EFA.

Au cœur de Thasos, entre Artémision et Dionysion, l’Éphorie de Kavala et l’École française d’Athènes, avec la collaboration des universités de Lille et d’Athènes, explorent conjointement depuis 2002 une exceptionnelle demeure protobyzantine, détruite en 620 ap. J.-C., ainsi que la puissante stratification sous-jacente. Ce programme de recherche a livré une moisson d’informations touchant à toutes les périodes de lʼhistoire de Thasos, en remontant à travers treize siècles d’occupation continue jusqu’à la période précoloniale, dans les dernières décennies du viiie s. av. J.-C. : les résultats relèvent aussi bien de l’archéologie protohistorique que de l’archéologie classique et de l’archéologie protobyzantine. Les nouveautés les plus marquantes concernent la vocation métallurgique de la présence indigène thrace aux débuts de l’occupation du site, la permanence architecturale absolument unique d’un édifice public puis privé de l’époque archaïque jusqu’à l’époque protobyzantine, et les circonstances de la fin de l’Antiquité à Thasos.

Efi Avdela – Enseignante invitée de l’EHESS (janvier – février 2018)

Efi Avdela est professeure d’histoire contemporaine au Département d’Histoire et Archéologie de l’Université de Crète (Rethymno), spécialisée dans les théories du genre, la délinquance juvénile et les associations volontaires (http://www.history-archaeology.uoc.gr/en/staff/dep/Avdela.html). Ses travaux les plus récents portent sur l’histoire sociale et culturelle de l’après-guerre et plus particulièrement sur la violence interpersonnelle, les mécanismes de régulation de la jeunesse et la justice des mineurs en Grèce (https://crete.academia.edu/EfiAvdela). Continuer la lecture de Efi Avdela – Enseignante invitée de l’EHESS (janvier – février 2018)