Archives de catégorie : Livres / Books

Publication – Changer d’alphabet. Turquie, 1850-1950

Emmanuel Szurek, Changer d’alphabet
Turquie, 1850-1950, Paris, PUF, 2026 (26,00€)

Que signifie changer d’alphabet ? En 1928, la Turquie abandonne la graphie arabe au profit d’une écriture à base latine. En quelques mois, la rue, la presse, les écritures publiques et publiées sont translittérées. L’opération vient symboliser la toute-puissance d’une république autoritaire qui s’est proclamée révolutionnaire.

En replaçant cet épisode dans une histoire longue, ce livre montre que la romanisation du turc ne saurait se réduire à sa dimension spectaculaire. Elle s’inscrit dans une série de transformations souterraines qu’il faut saisir à l’échelle globale : pression des technologies, reconfigurations des savoirs linguistiques, inégalités d’accès à l’écrit, redéfinition du rapport entre langue, nation et « civilisation ».

À partir d’un vaste corpus d’archives (Turquie, États-Unis, France), de sources de presse et de travaux linguistiques, l’ouvrage donne à saisir un gigantesque « événement d’écriture », dont les répercussions sociales, politiques et patrimoniales se déploient au quotidien autant que dans la longue durée. En articulant inspirations intellectuelles, contraintes matérielles, coercition politique et appropriations sociales, ce livre se veut un plaidoyer pour l’histoire linguistique.

-> En savoir plus sur le site de l’éditeur 

Publication – Les Balkans contemporains

Les Balkans contemporains
Nathalie Clayer et Fabio Giomi (dir.)
CNRS Éditions, 2026, p. 688, 32 €

Les Balkans seraient-ils condamnés à n’être qu’une « poudrière » ? Seraient-ils marqués par un morcellement territorial inévitable et par une succession de « crises » et de « retards » ? Leurs sociétés ne seraient-elles régies que par des logiques nationales et ethniques ? Cette région ne constituerait-elle qu’une périphérie, dépendante d’un Occident supposé moteur du changement ?

Ce livre invite à porter un tout autre regard sur l’Europe du Sud-Est, qui apparaît comme un territoire aux frontières mouvantes, façonné par des processus socio-politiques complexes, ainsi que par de multiples circulations. Son histoire s’est construite au croisement d’empires et de mouvements politiques de diverses natures, jusqu’aux expériences du socialisme et du post-socialisme.
Organisé autour de grandes thématiques — langues, agriculture, villes, genre, action collective, religion, guerre, littérature, mémoire… —, cet ouvrage offre une synthèse renouvelée des acquis les plus récents de la recherche internationale, à travers une pluralité d’approches.
En éclairant les Balkans, ce livre aide à mieux comprendre le monde contemporain. Le brouillage des frontières entre démocratie et autoritarisme, les migrations, les enjeux environnementaux ou encore les transformations des sociétés qui s’y jouent sont autant de dynamiques globales qui traversent l’ensemble des sociétés européennes, et bien au-delà. Un livre de référence.

En savoir plus

Portraits of Unbelonging de Zeynep Devrim Gürsel

Soirée de lancement du livre “Portraits of Unbelonging” en compagnie de Zeynep Devrim Gürsel à la BU des Grands Moulins, 2 juin

 

 

Le laboratoire ECHELLES et l’UFR Études anglophones de Paris Cité ont le plaisir d’organiser la soirée de lancement du livre Portraits of Unbelonging. Photographic Journeys Across Borders (Stanford University Press, 2026) en compagnie de son autrice, Zeynep Devrim Gürsel, anthropologue (Rutgers University) invitée par l’université.

Dans ce livre passionnant, Zeynep Devrim Gürsel retrace l’émigration des plusieurs milliers d’Arméniens ottomans, qui, entre 1896 et 1908, ont choisi de renoncer à leur nationalité ottomane et s’expatrier afin de pouvoir rejoindre les Etats-Unis (procédure du « terk-i tabiiyet »). L’anthropologue retrace cette émigration à partir des photographies retrouvées dans les archives ottomanes (et commandées par l’Etat ottoman) et de photographies familiales, afin de mettre en évidence comment cette documentation exceptionnelle symbolise tout à la fois les liens et les ruptures dans ces parcours individuels et familiaux.

Rendez-vous de 17h30 à 19h dans la galerie située au 2ᵉ étage de la bibliothèque universitaire Grands Moulins (Campus des Grands Moulins, 5, rue Thomas Mann, 75013 PARIS).

L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.

« Ce qu’on emporte » d’Andrèas Flouràkis

Auteur dramatique, metteur en scène et enseignant, Andrèas Flouràkis est né en 1969 à Athènes. 

Pièce chorale dédiée aux réfugiés et aux immigrés, Ce qu’on emporte s’attache à briser l’anonymat entourant habituellement les migrants qui affluent par vagues, pour mettre l’accent sur la particularité de chaque individu. Les trois parties du texte, «Nous», «D’autres», «Nous et d’autres», constituent comme un choeur antique aux voix diverses abordant des sujets comme la crise récente de la société grecque face à l’afflux de réfugiés, la fuite de la jeunesse grecque à l’étranger en quête d’un avenir meilleur, mais aussi des thèmes plus personnels, dans un dialogue polyphonique où l’auteur s’interroge une fois de plus sur la place de l’individu face au groupe – interrogation qui se trouve au cœur de son oeuvre.

Vers les nouvelles politiques culturelles de Milena Dragićević Šešić 

La maison d’édition Clio, basée en Serbie, vous propose de découvrir un ouvrage soigneusement sélectionné pour les lecteurs internationaux.

Vers les nouvelles politiques culturelles – Les pratiques interculturelles engagées
Milena Dragićević Šešić 

Destiné à un public francophone, ce recueil rassemble des essais qui traitent des politiques et pratiques culturelles dans les régions
régions marquées par des changements politiques et sociaux complexes, tels que les Balkans et le Moyen-Orient. En insistant sur les interactions entre phénomènes culturels et processus sociétaux plus universels, l’autrice propose des nouveaux modèles politiques adaptés aux contextes locaux, plutôt que des schémas importés.

Parution : François Georgeon, Un printemps ottoman La révolution jeune-turque de 1908

François Georgeon, Un printemps ottoman La révolution jeune-turque de 1908, Paris, Les Belles Lettres, 2026, (306 p., 26,90€)

Présentation

Été 1908. Après des décennies d’un régime autocratique, l’Empire ottoman connaît soudain une vague de liberté sans précédent. Des chrétiens, des juifs et des musulmans s’embrassent dans les rues aux cris de « vive la liberté ! ». De multiples mobilisations populaires voient le jour, impliquant des jeunes, des femmes ou des ouvriers.

La révolution jeune-turque est en marche. Elle est le résultat d’un coup de force organisé par des officiers de la IIIe armée de Macédoine qui, en menaçant de marcher sur Istanbul, ont contraint le sultan Abdülhamid II (1876-1909) à établir un régime parlementaire. Inspirée par les idées de patrie, de liberté, de justice et de progrès, l’action des Jeunes Turcs, patiemment préparée, déclenche une séquence d’événements déterminants pour l’avenir de la région, depuis les Balkans jusqu’au Moyen-Orient : à la fête révolutionnaire et aux élections à la Chambre des députés, succèdent, dès 1909, une tentative de contre-révolution à Istanbul, une explosion de violences contre la communauté arménienne d’Adana, l’envoi en exil du sultan, puis la relance d’une révolution de plus en plus teintée d’illibéralisme.

L’ouvrage de François Georgeon, synthèse de nombreuses années de recherches, livre la première étude en français sur cette révolution cruciale mais souvent oubliée. Il la replace dans le contexte historique global (guerre russo-japonaise de 1905, mouvements constitutionnalistes en Russie et en Iran, apogée de l’impérialisme européen, déchaînement des nationalismes) et en analyse les paradoxes : pourquoi cette révolution, qui avait suscité l’enthousiasme et levé tant d’espoirs a-t-elle débouché sur une série de drames : la dictature des Jeunes Turcs, le génocide des Arméniens, les défaites dans la Première Guerre mondiale et, pour finir, l’effondrement de l’Empire ottoman ?

-> Voir site de l’éditeur

Parution – Lives in Fragments : Self-Narrative Sources and Biographical Approaches to the Armenian Genocide

Parution de l’ouvrage collectif Lives in Fragments: Self-Narrative Sources and Biographical Approaches to the Armenian Genocide dans la collection « New Directions in Turkish Studies » chez Berghahn Books.

Ont contribué à cet ouvrage : Adnan Çelik, Alice von Bieberstein, Annika Törne, Bedross Der Matossian, Boris Adjemian, Duygu Tasalp, Eren Yıldırım Yetkin, Fatma Müge Göçek, Lena Inowlocki, Michael Rothberg, Nazan Maksudyan, Paul Vartan Sookiasian, Talin Suciyan, Vahe Tachjian, Yael Navaro.

Consultez ici la table des matières ainsi que l’introduction de l’ouvrage

 

Parution : Béatrice Garapon, Aux origines de la démocratie turque Une étude de la politique en milieu provincial (1946-1960)

Béatrice Garapon, Aux origines de la démocratie turque

Une étude de la politique en milieu provincial (1946-1960)

Paris, Karthala, p. 324, 33 €

Le Parti démocrate turc (DP), fondé en 1946, arrive au pouvoir en 1950 pour y rester jusqu’en 1960, date d’un coup d’État de l’armée. Il est le premier parti politique turc à accéder au gouvernement par la voie des urnes après l’abandon du système de parti unique en 1945.

En s’éloignant d’une histoire du parti qui aurait été faite par ses grands hommes, par le centre et par ses institutions, le présent ouvrage propose une sociologie ancrée dans le contexte local, à travers l’étude de l’implantation du parti dans différents départements de Turquie – Adana, Diyarbakır, Erzurum et Izmir. En usant de sources variées – archives de la presse locale, mémoires d’hommes politiques locaux, rapports diplomatiques, témoignages – Béatrice Garapon analyse ainsi le rôle décisif du DP dans l’adoption de pratiques électorales et la promotion de nouvelles élites dans la Turquie d’après-guerre. Elle met en lumière la diversité des dynamiques d’adhésion partisane selon les tissus socio-économiques locaux, ainsi que les écarts entre le centre et les provinces, tout en montrant les continuités avec la période du parti unique. 

Béatrice Garapon est ancienne élève de l’École normale supérieure, diplômée de Sciences Po Paris et docteure du Centre Émile Durkheim de Sciences Po Bordeaux. Elle a enseigné à l’université de Galatasaray à Istanbul, à Sciences Po Bordeaux, puis à l’INALCO. Elle a également animé plusieurs séminaires de recherche sur la Turquie contemporaine.

Collection soutenue par le CETOBaC.

-> Voir site de l’éditeur